Jeudi 6 juillet 2006
4
06
/07
/Juil
/2006
17:00
L'été, on vit fenêtres ouvertes. Même - surtout ?- quand on habite une capitale polluée.Enfin, les gens au bureau vivent fenêtres fermées, car c'est tellement mieux d'avoir la clim. Ca fait "riche". Heureusement, je partage mon bureau avec un collègue intelligent, et on ouvre tout le temps nos fenêtres, au grand étonnement des autres collègues. C'est tout à fait supportable, et du coup j'ai froid à chaque fois que je vais pisser.
A la maison aussi, les fenêtres sont ouvertes. Surtout la nuit. Et hier soir, y'avait pas que les klaxons qui empêchaient de dormir. Alors que je somnolais, mon attention a été attirée par deux voix de femmes qui parlotaient assez fort. Je me suis levée et suis allée faire "chhhhhhut" à la fenêtre. La conversation s'est tue un moment.
Je re-somnole. Les bruits reviennent, des voix, un truc qui tombe dans la cour, quelqu'un qui descend les escaliers. Là, ça suffit. Je m'isole dans mon monde avec mes bouchons d'oreille.
J'entends la porte de l'appart se fermer. Qu'est-ce que c'est que ça encore ? Je mets mon pyjboum comme qui dirait, mes lunettes et je me lève. J'entends quelqu'un remonter les escaliers en pleurant. Et Barbe-Ainifina qui rentre. Car n'écoutant que son courage, au son des pleurs et des cris, Barbe-Ainifina s'était aventuré dans les escaliers pour secourir la veuve et l'orpheline. Il a bien été récompensé, puisqu'en bas des escaliers, y'avait une fille vêtue - mais je ne suis pas sûre que ce soit le mot adéquat - d'un simple string.
Ce n'était que la copine de la scrogneugneu de voisine du quarante-douxième étage. Elles se sont disputées, la voisine a viré sa copine et l'a laissée en string à la porte. Très drôle, jusque là. Bon la copine état remontée, ouf, on allait pouvoir dormir.
Mais non, il a encore fallu qu'elles balancent des trucs dans les escaliers et dans la cour. Cette fille est folle et dangereuse. Je vais demander au proprio de déduire une prime de risque du loyer.
Car Barbe-Ainifina, qui n'a pas de bouchons d'oreille, s'est levé une deuxième fois, les cris étant plus forts (et la copine de la voisine avait peut-être enlevé son string). Il est remonté en courant, affolé, pour me réveiller. Vite, il fallait que je descende, les deux furies s'étaient battues, et elles avaient dégringolé les escaliers. Elles étaient sans connaissance, et je devais pratiquer les gestes de secours d'urgence sur elles.
C'est pas parce qu'elles étaient à poil que je devais pas m'habiller. Sinon on allait jamais se dépêtrer des policiers qui allaient arriver. J'ai donc mis mes lunettes, mon pyjboum et direction dehors. Beurk, elles étaient l'une sur l'autre, dégoulinantes de sang. J'ai commencé à leur parler, rien. A les toucher, aucune réaction.
Bon. Les mettre dans un endroit plus sûr qu'entre deux marches d'escalier. Ouf, le palier était pas très loin. 'Tain, elles sont lourdes. Elles sont inconscientes, mais elles respirent. Vite la position latérale de sécurité. Reste plus qu'à appeler les secours. En attendant, y'en a une qui pue l'alcool. Et moi, je commence à flipper. Putain, y'a mon ADN de partout sur elles. La voisine est folle, elle va m'impliquer dans le truc, inventer des histoires pas possibles.
C'est un mythe, les pompiers. Ils sont pas si beaux que ça. Mais qu'est-ce qu'ils sont forts... Euh, je m'égare. Voilà, les deux folles sont embarqués dans un joli camion, sur des brancards, on va pouvoir aller se coucher. Non sans avoir répété 20 fois ce qu'on savait.
Tu parles ! Deux heures plus tard, le téléphone sonne. Il n'était que 5h du matin, normal. Comme ça insiste beaucoup, je me lève pour aller répondre. C'était la police. Euh... la police ? La folledingue s'est réveillée, mais pas la copine. Elle est dans le coma. Du coup, la folledingue nous accuse, Barbe-Ainifina et moi, de les avoir violentées sous prétexte qu'elles faisaient trop de bruit. Euh... y'a pas de l'abus, là ? Nous sommes convoqué-e-s à 7h au commissariat. Putain, 7h.
Heureusement, après un interrogatoire de 45 minutes, ma version est acceptée. Et surtout après enquête auprès des voisins. Ils ont dû aimer, l'interrogatoire à 7h du matin. Elle a pas intérêt à ce que je la croise, la folledingue.
Allez sauver la vie des gens, tiens. Si on m'avait dit ça...
Bien sûr, Barbe-Ainifina ne s'est pas levé une deuxième fois et ce qui s'ensuit n'est jamais arrivé. Mais tout le reste est vrai (la fille en string virée par la voisine, si si).
T'en dis quoi ?